| Brève histoire du tarot de Marseille - 2
Du tarot des Viscontis au tarot de Jean Noblet.
Texte établi à partir des cours de tarot de Marie Delclos, images issue des cours.
Le tarot des Visconti (1441 - 1446). |

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Luxueux, comportant de l'or, de l'argent et des couleurs somptueuses, on y trouve les 78 cartes habituelles, les 56 plus les 22 triomphes ou arcanes mais leur facture et la disposition des personnages n'ont rien à voir avec le jeu dit tarot de Marseille.
Ce jeu ressemble surtout à une superbe galerie de portraits (fg. 3 et fg. 4).
Ses cartes de grande taille ne sont visiblement pas adaptées à la pratique d'un jeu de société. On peut donc exclure une utilisation ludique de ces cartes magnifiques et envisager d'une utilisation décorative (oeuvre d'art de collection), divinatoire ou méditative, voire envisager que ce jeu aurait pu jouer un rôle dans les pratiques d'un cénacle ésotérique protégé par la famille Visconti. Les grandes familles italiennes ayant souvent au
XVème et XVIème siècle créé et protégé des accadémie regroupant des érudits et des artistes, la plus célèbre |

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d'entre elles étant celle que créa Cosme Médicis (1389 - 1466) et à laquelle appartint Marsile Ficin, le traducteur du Corpus Herméticum.
Le jeu dit : "tarot de Mantoue".
Un peu plus tard en 1459 apparut un jeu de 50 cartes créé par le Pape et ses cardinaux pendant le concile de Mantoue. Ce jeu est connu sous le nom de « tarot Mantegna (Mantoue) » ou de « cartes de Baldini ». C'est probablement à cette époque qu'apparaissent en quantité relativement importante les premiers jeux de tarot imprimés.
Les premiers jeux de tarot imprimés. |

Figure 5
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Les pièces à conviction manquent au XVI° siècle
Sans doute parce que le Concile de Trente en 1542 interdit la lecture symbolique de l'Ecriture. Désormais on doit s'en tenir à son sens littéral (alors qu'au XII° on interprète l'Ecriture sur quatre niveaux de lecture).
On trouve toutefois un tarot vénitien qui semble reprendre les cartes dites de Charles VI.
Les Figures des atouts portent des noms latins et le dos de toutes les cartes est orné d'un dessin montrant un personnage principal entouré d'autres personnages allégoriques. Mais les figures sont très différentes de celles du jeu dit "tarot de Marseille". Par exemple la Mort est représentée par un squelette le pied sur un sablier et s'appuyant sur une faux (fg. 7). On trouve toutefois une liste donnée par Garzoni à la fin du XVI° siècle.
Il connaissait quatre série de cartes qui portaient les mêmes noms qu’aujourd’hui : monetae (deniers), gladii, xyphi (glaives), et caducei et qui comportaient, outre les dix cartes numérales, un Roi, une Reine, un Chevalier et un Voyageur (au lieu du Valet). Et les arcanes majeures citées étant d’une part celles qui portent à peu près les mêmes noms que le tarot de Marseille : Mundus, le Monde ; Iustitia, La Justice ; Sol, le Soleil ; Luna, La Lune ; Stella, l’Etoile ; Diabolicus, le Diable ; Mors, La Mort ; Rota Fortunae, La Roue de Fortune ; Temperentia, La Tempérance ; Summus Pontifex, le Pape ; Imperator, l’Empereur ; Imperatrix, l’Impératrice ; Stultus, le Fou. Et d’autre part celles que l’on peut associer avec celles connues : Senex, le Vieillard (au lieu de |

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Il faut remarquer le graphisme très moderne des cartes ainsi que la "modernisation des vêtements. On est ici à l'opposé du tarot de Jean Dodal.
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L’Ermite) ; Patibulum, l’Echafaud (à la place du Pendu). Et enfin Minimus, le Pauvre qui pourrait peut-être être associé au Bateleur. Angelus, L’Ange ; Ignis, Le Feu.
Relevons que les ouvrages de référence (qui semblent s’être tous recopiés les uns les autres, comportent probablement une erreur. Ainsi « Mittheilungen der Kaiserl. Königl. Central-commission zur ... - Résultats Google Recherche de Livres avec les mots clés "monetae+gladii" -
"de Zentral-Kommission für Denkmalpflege in Wien, Karl Czoernig, Rudolf von Eitelberger von Edelberg, Gustav Adolph Heider, Joseph Alexander Helfert, Franz - 1860 - Christian art and symbolism“ écrit : „ Suiten oder Farben, monetae (denari), xyphi (coppe). gladii (spade), e caducei (bttstoni). im Ganzen 40 Blätter*), ... Sauf que xyphi signifie « en forme d’épée »… Nous n’avons pas retrouvé la source en français qu’avait utilisé Marie Delclos.
Au XVII° siècle.
La production des cartes s’intensifie. On trouve quatre jeux presque complets qui se trouvent tous à la Bibliothèque Nationale à Paris. L’un est un tarot de Bologne, les trois autres ont été produits à Paris. Et si l’un d’eux est conforme au modèle du Tarot dit de Marseille les trois autres offrent de sensibles différences.
Le premier jeu complet connu qui soit conforme au modèle du tarot de Marseille est celui de Jean Noblet, cartier parisien, qui date d’environ 1650.
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