Les adaptations modernes et les "visions" de l'histoire du tarot.
Au XVIII° siècle
En 1704 un prêtre nommé Menestrié déclare que l’un des plus anciens tarots avait été élaboré par un kabbaliste nommé Jacquemin de Gringonneur (concepteur putatif du tarot de Charles VI). Malheureusement cet auteur ne cite pas ses.sources.
En 1713 apparaît le tarot de Jean Pierre Payen à Avignon.
En 1723 le pasteur Anderson écrit ses constitutions.
Court de Gébelin (1719-1784) se passionne pour le tarot. Il pense que son origine est égyptienne.
C’est à lui et à son disciple Etteila que l’on doit la divination par les cartes
En 1760 Nicolas Conver, cartier à Marseille, édite un tarot d’après un héritage qu’il aurait reçu avec des indications sur les couleurs, ainsi que de très anciens blocs de bois (d’après Paul Marteau).
Mais les clefs qui se trouvaient dans celui de Jean Dodal ont disparu.
Pourtant avant la redécouverte du Tarot de Jean Dodal, on a cru que c’était lui qui avait donné au tarot sa forme définitive.
En 1783 Etteila est le premier à se pencher sur les correspondances du tarot avec la kabbale et l’astrologie.
XIX° siècle
Eliphas Lévi (1810 – 1875) prêtre catholique et kabbaliste est le premier à établir des concordances entre les lames et l’alphabet hébreu.
Puis Papus (1865 – 1917), fondateur de l’ordre « Martiniste» et membre de l’ordre cabalistique des Rose Croix, tente d’approfondir cette relation.
XX° siècle
Oswald Wirth (1860 – 1943), franc maçon et écrivain, publie en 1925 son tarot inspiré, d’après lui, des motifs du tarot médiéval (le tarot de charles VII). Il écrit Le Tarot des imagiers du Moyen Age et soutient que le tarot était déjà connu du moine savant alchimiste, Raymond Lulle (1232 – 1315).
Paul Marteau qui l’a découvert, reprend en 1930 le tarot de Nicolas Conver, le simplifie. Non content de réduire les couleurs au bleu et au rouge, il les inverse. Ce jeu sera un best seller de la maison Grimaud sous le nom de "Tarot de Marseille".
Tchalaï Unger écrit à sa façon le livret pour ce Tarot de Marseille édité par Grimaud.
L'histoire du tarot de Marseille bien évidemment continue. Tous les tarologues, des plus connus aux plus obscurs croient pouvoir restituer le "tarot authentique" à travers l'adaptation d'un jeu ancien, redessiné, recolorisé auquel certains même, "ajoutent du sens", en modifiant les graphismes originaux... De fait, quand ce travail ne vise pas une une simple amélioration de l'aspect esthétique des cartes (comme ce fut le cas chez Paul Marteau), chacun redessine le tarot en fonction de la richesse des "conexions symbolique qu'il a créé à partir d'un ou de plusieurs "originaux" anciens ou modernes. Ce faisant, il appauvrit l'original en faisant disparaître des clés graphiques ou orthographiques qui lui apparaissent comme des imperfections, mais parallèlement, il enrichit le tarot de ses propres connexions, ajoutant ici ou là des détails qui renvoient ou suggèrent son interprétation personnelle du tarot.
A notre avis, le procédé consistant à redessiner un tarot pour améliorer son aspect esthétique, se justifiait à l'époque de Paul Marteau, tant parce que les planches de Nicolas Convert étaient dans un triste état que pour des raisons commerciales. Aujourd'hui, il semble que les méthodes de traitement d'image par informatique pourraient rendre aux tarots les plus anciens une nouvelle jeunesse sans pour autant porter atteinte à leur authenticité... Cependant, en ces temps modernes, les sens à la fois voilés et révélés par les cartes ne sont plus le seul intérêt du tarot, son utilisation divinatoire même passe au second plan. Le plus gros acheteur de tarots est maintenanti le collectionneur de cartes, même si par ailleurs il est souvent un tarologue averti.
|