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le bateleur
Cours de tarot initiatique et traditionnel.
Élaboré par Marie Delclos à partir du tarot maçonnique opératif de Jean Dodal.
Description du programme des cours, présentation du tarot de Jean Dodal, vente des cours par correspondance et en téléchargement. Présentation des ouvrages de Marie Delclos, description et vente de livres réédités par l'auteur sous forme d'ebooks (fichiers pdf) en téléchargement et des livres disponibles en librairie.
Brève histoire du tarot de Marseille


Texte établi à partir des cours de tarot de Marie Delclos, images issue des cours.

Avant les cartes : des images symboliques.
Les images symboliques remontent à la préhistoire. Gravées, sculptées et peintes, on les trouve sur tous les continents. On ne sait évidemment pas quand on est passé des supports quasiment indestructibles, que sont les parois des roches, aux supports légers portables puisqu'ils sont éphémères. A partir de l'histoire, quand apparut l'écriture, les plus petits supports d'images symboliques furent les extraordinaires sceaux cylindres mésopotamiens. Gravés dans des roches dures, ils ont pu parvenir jusqu'à nous, mais on les a très peu interprétés. Il y eut sans doute des images sur parchemin, sur feuilles de papyrus, sur écorces diverses comme aujourd'hui encore en Inde. Il y eut les tablettes en os, en ivoire ou en bois, recouvertes de cire, gravées ou peintes comme les célèbres tablettes de Grand dont se servait le médecin astrologue pour soigner les différentes parties du corps malades grâce aux génies des décans venus d'Egypte. Puis il apparut le papier (en Chine on entend parler du papier dès le Ier siècle) et le carton. Les images symboliques tout naturellement s'y inscrivirent. Ce qui n'empêcha pas qu'on en grave aussi sur des plaques de métal. Il semble d'ailleurs que ce soit de cette dernière pratique que vient l'appellation de 'ames' donnée souvent aux cartes du jeu de tarot.
La gravure : la naissance des cartes et du « tarot ».
Jusqu'en 1423, année de l'invention de la gravure en taille de bois (en Occident, car en Chine on trouve des matrices en bois dès le VI° siècle), les cartes étaient enluminées, de même que les manuscrits, et coûtaient fort cher. En 1430 Visconti, duc de Milan, paya 1.500 pièces d'or à un peintre français pour un seul jeu. La gravure permit de reproduire à l'infini une empreinte grossière, donna naissance quelques années plus tard à l'imprimerie par les soins ingénieux de Laurent Coster, les cartes se répandirent dans toute l'Europe. Mais il n'eut pas que des cartes, il y eut les « feuilles volantes » qui se sont multipliées au XVI° siècle. Ecrits illustrés que l'on pourrait considérer comme des précurseurs de nos journaux et qui n'ont pas besoin d'être conservés. On en trouve pourtant dans des musées et des bibliothèques, la plus importante collection se trouvant dans la Bibliothèque centrale de Zurich. On la doit au chanoine J.J. Wick (1522 - 1588) qui a donné son nom à cette collection, la « wickiana » qui comprend 24 volumes. Un phénomène météorologique raconté par une feuille volante
figure 1
Sur ces feuilles on s'occupe principalement des indulgences, viennent ensuite des calendriers des prières, des vœux de Nouvel An. Des communications locales sur des apparitions de créatures monstrueuses, de diables, des sorcières, des dragons, des prodiges, des apparitions surnaturelles, d'étranges phénomènes célestes (97 feuilles volantes sur les 378 de la Wickiana : parmi elle les comètes les prodiges météorologiques comme sur la figure1, figure sur laquelle nous reviendrons car elle semble avoir inspiré le graphisme de la Maison Dieu).
On imprima ces feuilles énormément en Allemagne du Sud, puis à Paris, Lyon ou Londres. Elles étaient vendues par les colporteurs. Cependant les cartes ne sont pas une exclusivité occidentale. En Inde on trouve des cartes rondes classées par série. Chaque série (il y en a 10) se réfère à une des incarnations de Vichnou (Poissons, tortues, sangliers etc.). En Occident les premières cartes apparurent d'après les différents chercheurs au XIII° siècle et les Allemands eurent aussi des cartes rondes. D'après Rijnberk ( Le Tarot Histoire, Iconographie Esotérisme Lyon ; Paul Derain 1947), la plus ancienne mention des cartes à jouer se trouverait dans un manuscrit italien daté de 1299, le Trattato del governo delle familia de Pipozzo de Sandro. Il parle de cartes appelées « naibi », un nom dont l'étymologie arabe est controversée. Un vieux livre, le Jeu d'or imprimé à Augsbourg en 1472 assure que les cartes de tarot prirent naissance en 1300 en Allemagne (dictionnaire de la conversation) mais évidemment on n'en sait rien, puisque, pour d'autres, le nom de « tarot » dériverait de la province lombarde, Taro, où ce jeu fut d'abord inventé. Mais on sait que certains préfèrent le tirer d'une allusion à la « tare » que la Mort fait éprouver au monde (phthora, corruption) ou bien de la fabrication même de ces cartes enluminées sur un fond d'or piqué à compartiments de « térein », trouer qui a donné « taroté » qui se disait d'une superficie dorée à la feuille puis poinçonnée ou gravée avec un poinçon ou un stylet pour imprimer un dessin sur l'or.
Du jeu de 52 cartes au tarot
On peut affirmer en tous cas qu'il y avait déjà des cartes à jouer au XIV° siècle grâce aux mentions portées dans des textes mais non par des jeux eux mêmes car aucun jeu de cette époque n'a été conservé. Puis on entend parler de jeux de cartes à 4 couleurs numérotées de un à dix plus valet, cavalier, roi, vers 1370 (il n'y a pas encore de reine et le jeu comprend 52 cartes). Apparition des tarots portant le jeu traditionnel de 52 à 78 cartes XV° siècle C'est dans les sermons prononcés entre 1450 et 1457 que l'on parle des cartes numérales auxquelles s'ajoutent les reines soit 56 cartes et des 22 Triomphes, tarots ou Arcanes majeurs. Et c'est grâce au témoignage de ces sermons que l'on peut connaître leur existence. Il ne subsiste cependant aucune carte des jeux de cette époque... Autrement dit, il ne reste aucune trace de jeux qui pourtant devaient répandus dans toutes les classes de la société puisqu'ils devenaient sujet de sermons. Cela laisse penser qu'en dépit de l'absence de preuves, les arcanes tant majeures que mineures peuvent être bien plus anciennes que ne permet de le supposer l'histoire officielle que nous rapportons ici, surtout s'ils étaient employés uniquement par des « initiés » (bâtisseurs, hermétistes ou les deux) qui se les transmettaient en les copiant à la main. Cette réflexion permet peut-être de comprendre pourquoi les tarots les plus anciens qui nous sont parvenus, paraissent, par leur graphisme souvent plus récents que le tarot de Jean Dodal qui leur est postérieur d'un siècle. Mais reprenons l'histoire 'officielle'. A partir de cette époque, les tarots semblent réunir deux séries bien distinctes : Une première série de 22 cartes ou lames ou Arcanes majeures appelées antiquement triomphes avec des figures symboliques. Une deuxième série de 56 cartes numérales ou Arcanes mineurs les naibi. Il semble que les triomphes, c'est (les 22 arcanes majeurs) s'ajoutèrent ensuite. Les 22 triomphes semblent être nés en Italie. C'est ce que laisse supposer leur nom : le triomphe étant un spectacle italien dérivant des triomphes romains, des processions religieuses et du défilé des chevaliers avant les joutes Les cartes forment une procession, un triomphe, et narrent par des symboles les vicissitudes de l'humanité du XV° siècle. D'autres auteurs (comme P.L. Jacob dans le Dictionnaire de la conversation (1834)) y voient un rapport avec la danse macabre cette allégorie de la vie humaine que la Moyen Age avait représenté en de multiples exemplaires.
Les tarots peints :
Le jeu de cartes dit « tarot de Charles VI ».
Le tarot de Charles VI est à notre connaissance le plus ancien tarot peint connu à ce jour. On a d'abord pensé que ce jeu dit « tarot de Charles VI » avait été élaboré en 1392, par le kabbaliste Jacquemin de Gringonneur, parce que l'on a trouvé dans un compte de Charles Poupart, argentier du roi pour l'année 1392 (notons que c'est l'année de l'épisode du fou qui surgit de la forêt et déclenche la crise de folie du roi.) la mention suivante : « A Jacquemin Gringonneur, peintre, pour trois jeux de cartes à or et à diverses couleurs, de plusieurs devises, pour porter devers ledit seigneur (Charles VI) pour son esbattement, LVI sols parisis ». Mais fait remarquer Paul L. Jacob dans le Dictionnaire de la conversation : « Les costumes me paraissent plus analogues aux modes de Charles VII qu'à celles de la cour d'Isabeau de Bavière qui avait donné le bennin ou bonnet à cour en coiffure aux dames. »
Le Mat ou le fou du tarot de Charles VI
figure 2
C'est pourquoi aujourd'ui les chercheurs daterait ce jeu dit « tarot de Charles VI » à l'époque de Charles VII (1403 - 1461).Il proviendrait d'Italie et daterait de 1425. Mais qui sait ? On n'est sûr de rien. C'est en 1423 en tous cas que l'on découvre la gravure en taille de bois. Quoiqu'il en soit, les lames de ce jeu mythique sont sans nom et sans numéro. De plus il ne reste que 17 arcanes majeures qui s'énumèrent comme suit : -L'écuyer (Plus tard le Bateleur) (arcane 1 du tarot de Marseille); Manquent : la Papesse (arcane 2) et l'Impératrice (arcane 3) ;
- L'Empereur ; Le Pape ; Les Amoureux ; Le Triomphateur ; La Justice ; L'Ermite ; La Fortune (un personnage debout en haut d'une roue) ; La Force (une jeune femme brise une colonne) ; Le Pendu (un homme pendu par un pied tenant deux sacs dans ses mains) ; La Mort (chevauchant le cheval noir de l'apocalypse) La Tempérance. Manquent le Diable (arcane 15),
- La Maison de Dieu (une grosse tour dont un pan s'écroule avec un grosse porte en bas, arcane 16 ),
Manque l'étoile (arcane 17),
- La Lune ; Le Soleil ; Le Jugement des âmes,
- Le Fou (un géant tenant 14 boules enfilées) figure 2,
Manque le Monde (arcane 21 du tarot de Marseille).
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